Estampes de la Ville d'Abbeville en août 2026
Art pluriséculaire regroupant une multitude de techniques, le monde de |'estampe représente un pan important de |'histoire de |'art, mais aussi de I'histoire de la diffusion du savoir. Dans le cadre de son année dédiée à la valorisation des arts graphiques, le Pôle patrimoine de la Ville d' Abbeville vous invite à découvrir ces oeuvres méconnues.
Ni peinture, ni dessin, l'estampe est une impression sur papier à partir d'une plaque, appelée matrice, sur laquelle le graveur a préalablement gravé ou dessiné un sujet. La matrice est encrée et le papier est passé sous presse, pour imprimer l'illustration. La matrice peut être en métal, comme le cuivre ou le laiton, ou en bois, mais aussi, plus récemment, gravée dans des matériaux modernes, comme le plastique

Stanislas Lelio (1927-2003]
Flying Dutchman
1977
Eau-forte, gouge et aquatinte imprimée en deux tons
Stanislas Lelio devient membre de la Jeune Gravure Contemporaine en 1977. Ses ouvres, souvent proches de labstraction, révèlent une recherche sur les phénomènes dynamiques et la représentation du mouvement.De même, \usage du gaufrage et la combinaison de plusieurs techniques, comme l'eau-forte ou l'aquatinte, visibles dans cette œuvre, souligne une recherche graphique sur /es effets de matière.
ESTAMPES DU XXe SIÈCLE : LA JEUNE GRAVURE CONTEMPORAINE
UNE EXPOSITION POUR DÉCOUVRIR LA GRAVURE DU XXe SIËCLE
Le Beffroi Musée Boucher de Perthes - Manessier possède une importante collection d'estampes dans ses réserves. Sur plus de 5000 pièces, près de 150 sont consacrées au XXe siècle. La majeure partie a été éditée par la Jeune Gravure Contemporaine, une association fondée en 1929, dont l'objectif est de promouvoir les arts de la gravure. Membre à titre institutionnel de cette association de 1946 à 1989, le musee d'Abbeville a ainsi regu chaque année deux à trois estampes créées par des artistes de la Jeune Gravure Contemporaine.

Roger Vieillard (1907-1989)
Nuit dans la maison
1986
Burin

Louis-Josephsoulas (1905-1954)
Le facteur
1948
Burin
Excellent buriniste, Louis-Joseph Soulas a produit près de 500 planches gravées au cours de sa carrière. Artiste figuratif, il s'inspire des paysages de sa Beauce natale ou de la Normandie sans un style précis.

Détail de l'estampe précédente

André Fougeron
(1913-1949)
Pêcheurs sur la Seine
1949
Lithographie imprimée en couleurs

Jean Sgard
(1891-1966)
L'étoile du jour
Années 1940
Burin
Orfèvre, dinandier et graveur, Jean Sgard est le dernier graveur d'Abbeville. qui a compté plusieurs dynasties d'artisans entre le XVIl et le XX" siècle. Jean Sgard apprend les bases de la gravure auprès d'Antoine-Marius Martin (1869-1855). alors directeur de l'école des beaux- arts d'Abbeville. Adepte du burin et de la pointe sèche, il pratique aussi la xylographie, eau-forte et parfois l'aquatinte. En 1936, il reçoit le titre de Meilleur Ouvrier de France pour son travail dorfèvre et le reçoit a nouveau en 1961 pour son travail de graveur.

Louttre B.
(1926-2012)
Eau, pré et bois
1984
Taille douce imprimée en couleurs
Louttre B., de son vrai nom Marc-Antoine Bissière, est le fils de Roger Bissière (1886-1964), aîné de la génération de peintres qui initie le mouvement de la peinture non- figurative en France dans les années 1950. aux côtés d'Alfred Manessier et de Jean Le Moal. Tout en puisant son inspiration dans le monde réel, la peinture non-figurative représente le monde de manière non réaliste, par des formes et des couleurs qui visent à inspirer des émotions au spectateur
Marc-Antoine Bissière peint dès son adolescence, aux côtés de son père. Si la peinture tient une place importante dans sa production, il a aussi pratiqué avec passion la gravure dès les années 1960. Après un période non-figurative, il retourne dès 1962 à la figuration. Il cherche à renouveler les techniques de la gravure, à en inventer de nouvelles et à les faire évoluer au fur et à mesure de sa pratique.

Antoine-Marius Martin (1869-1955)
Sans titre Entre 1917 et 1948
Xylographie imprimée en couleurs
Peintre, dessinateur et graveur, Antoine-Marius Martin naît à Arles, puis s'installe rapidement à Paris. Il expose au Salon des Artistes français dès 1896, puis au Salon des Indépendants à partir de 1919.
Outre la peinture et I'aquarelle, il pratique toutes les techniques de la gravure : xylographie, eau-forte, pointe sèche, lithographie, aquatinte.
De 1903 à 1917. il réside à Abbeville où il dirigait l'école des beaux-arts. II est notamment le maitre de Jean Saard (1891-1966), dernier graveur abbevillois.
En 1917, il devient directeur de l'école nationale des Arts décoratifs d'Aubusson, où il renouvelle l'art de la tapisserie.
En 1924. il réalise une série de gravures sur bois pour illustrer une édition limité du roman Le Peuple de la mer de Marc Elder (1884-1933). Si cette xylographie ne fait pas partie de celles qui sont intégrées à l'ouvrage, le style net et précis, ainsi que l'impression en couleurs et la date de création la rapproche des estampes créées pour Le Peuple de la mer.
Collection du Beffroi Musée Boucher de Perthes - Manessier, en dépôt aux Archives municipales et à la bibliotheque patrimoniale d'Abbeville

Antoine-Marius Martin (1869-1955)
Sans titre
Entre 1917 et 1948
Xylographie
Collection du Beffroi Musée Boucher de perthes-Manessien, en dépôt aux Archives municipales et à la bibliothèque municipale d'Abbeville.

Henri Matisse (1869-1954)
Odalisque couchée
Vers 1923
Eau-forte
Entre 1921 et 1928, Henri Matisse peint une série de tableaux représentant des odalisques. Ces dernières étaient sous l'Empire ottoman. les domestiques des concubines du sultan. Les plus belles pouvaient à leur tour devenir concubines. Dans la peinture occidentale, plusieurs peintres ont représenté des odalisques comme des femmes nues, alanguies, dans un décor de harem. Ce type de représentation est rattaché au courant de l'orientalisme, qui offre une vision fantasmée de l'Orient. Les peintres ne pouvaient en effet pas pénétrer dans les harems, la représentation des odalisques relève donc d'une vision imaginaire et érotisée des femmes. La représentation d'un nu est aussi, pour les peintres, un défi plastique, afin de rendre par le dessin et la peinture toutes les spécificités du corps humain.
Matisse peint sa série d'odalisques après un voyage au Maghreb. À partir de ces peintures, il réalise plusieurs gravures. Celle présentée ici reprend la composition de l'Odalisque aux magnolias, réalisée en 1923. La posture de la femme, le collier qu'elle porte et l'esquisse de décor derrière elle sont ainsi reconnaissables.

Francois Desnoyer (1894-1972)
Les écolières jaune et bleu
Sans date
Lithographie
François Desnoyer est influencé par Paul Gauguin (1848- 1903) et Albert Marguet (1875-1947), deux grands représentants du fauvisme. Ce courant artistique du début du xxe siècle prône l'usage de la couleur dans la peinture, sans passer par le dessin préalable comme dans la peinture académique traditionnelle. Les couleurs choisies par les artistes ne sont pas forcément fidèles à la réalité mais sélectionnées pour leur capacité expressive. Dans le prolongement de ce mouvement, Francois Desnover utilise pour cette estampe des couleurs pures. La lithographie, qui permet l'impression en plusieurs teintes, donne à l'artiste cette possibilité de traduire le dynamisme des fauves.

Andre Fougeron (1913-1988)
Les patates 1955
Lithographie imprimée en couleurs

Jacques Villon (1875-1963)
Portrait de Marcel Duchamp
1956
Eau-forte
Frere de l'artiste surréaliste Marcel Duchamp (1887-1968) Jacques Villon est successivement influencé par Edgar Degas (1834-1917) et Henri de Toulouse-Lautrec (1864- 1901), puis par le fauvisme et le cubisme.
Dans le domaine de la gravure, il invente une méthode de composition cubiste qui lui est propre et qu'aucun autre artiste de ce courant ne pratique: elle consiste à organiser sa composition à partir de deux diagonales qui partent des coins de la plaque et qui la traversent entièrement, puis il construit a partir de ces lignes des pyramides qui s'emboitent les unes dans les autres, pour former le motif de la gravure. Ce portrait de Marcel Duchamp a été créé en suivant cette technique.

Yves Alix (1890-1960)
Les parasols
1967
Eau-forte
Après des études à l'académie Julian, à l'école des Beaux- Arts de Paris et à l'académie Ranson, Yves Alix participe au salon d'automne et au Salon des Indépendants dans les années 1920. Il devient vice-président de l'association de Jeune Gravure contemporaine à sa création en 1929 D'abord figuratif, intéressé par cubisme néoclassicisme, puis l'expressionnisme, l'artiste développe à partir de 1946 un style où prime la simplification du trait. L'influence du cubisme, mêlé à un style personnel, est encore visible dans cette estampe de la fin de sa carrière.

Roger Vieillard (1907-1989)
Les danseurs
1978
Burin sur cuivre détouré
Parallèlement à une carrière de banquier, qui lui donne la sécurité matérielle de se dédier aux arts, Roger Vieillard rencontre dans les années 1930 Stanlev William Hayter (1901-1988), qui lui fait découvrir l'art de la gravure dans son célèbre Atelier 17. Il est, dans le domaine de la gravure, l'un des plus grands représentants de l'École de Paris entre 1936 et 1970. Grand buriniste, il grave directement sur la plaque, sans dessin préparatoire. Ici, il a détouré une plaque de cuivre afin de suivre les contours des silhouettes des danseurs qu'il a gravées. À l'impression, le détourage crée un gaufrage qui renforce la présence des personnages sur le papier.

Bruno Krief (né en 1954)
Quatre figures verticales
1980
Eau-forte et aquatinte imprimée en couleurs
Bruno Krief a étudié l'art de la gravure dans l'atelier Georges Leblanc (1904-1973), célèbre maison fondée en 1793 à Paris. Bruno Krief y obtient le titre de Maître imprimeur en taille-douce.
Par la suite, il co-fonde avec René Tazé, né en 1954, l'atelier du même nom. ll expose régulièrement dans les salons internationaux.
Passionné par les arts vivants, notamment les arts du cirque, il se partage aujourd'hui entre sa carrière circassienne et la gravure. A la croisée de ces deux mondes, plusieurs de ses gravures explorent les mouvements et les torsions du corps.

Abram Krol (1919-2001)
Chèvre
1973
Xylographie imprimée en deux tons

Yannick Ballif (1927-2009)
Femme à l'oiseau ll
1987
Burin
Après des études à l'Académie Julian, Yannick Ballif se forme auprès de Johnnv Friedlander (1912-1992), peintre et graveur réputé à cette époque. Dès 1961, elle obtient le prix de gravure à la deuxième biennale des jeunes de Paris. Elle expose en France, en Europe, aux États-Unis et en Argentine. Son stvle. précis, s'est aussi bien exprimé dans des gravures en couleur, que dans des oeuvres en noir et blanc. Sur cette estampe, la virtuosité technique suggère le mouvement plein de vivacité de l'oiseau, tandis qu'une émotion poétique se dégage de la femme au premier plan.

Anthony Gross (1905-1984)
Chez les Druses
1953
Eau-forte
Peintre et graveur britannique, Anthony Gross étudie les beaux-arts à Londres, Paris et Madrid. Il commence la gravure en taille-douce en Espagne, puis, à Paris, collabore avec les graveurs Joseph Hechit 1897-1957) et William Stanley Hayter 11907-1988). Dès les années 1930 il expose dans des galeries et fait partie des onze membres fondateurs de la Jeune Gravure contemporaine Peintre officiel de l'armée britannique pendant la seconde guerre mondiale, il produit des peintures et des gravures de formations militaires anglaises et de défenses côtières. Attaché à la 9ème armée, il suit les troupes en Égypte, en Syrie, en Palestine, au Kurdistan. C'est sans doute à cette occasion qu'il représente cette communauté druze.

Abram Krol (1919-2001)
Le hibou
1959
Burin et aquatinte sur cuivre détouré
Issu d'une famille juive hassidique polonaise, Abram Krol s'installe en France à la fin des années 1930. Il perd la quasi totalité de sa famille lors de la Shoah. Après la guerre, il fait partie des artistes de la Nouvelle École de Paris. Il rencontre le graveur Joseph Hecht (1891-1951), d'origine polonaise comme lui, qui l'initie à la gravure au burin sur cuivre détouré, afin de créer des effets de relief et de gaufrage lors de l'impression. Par la suite, il pratique d'autres techniques de gravure. ll est l'un des membres fondateurs de la Jeune Gravure Contemporaine en 1929. Son œuvre développe deux grands thèmes: la gravure animalière et les œuvres inspirées par la religion juive.
Grâce à de multiples impressions à l'aquatinte, combinées au graphisme du burin, Abram Krol crée ici un hibou aux contrastes et au graphisme saisissants.

Shoichi Hasegawa (1929-2023)
Rivière
1985
Eau-forte et aquatinte imprimée en couleurs
De nationalité japonaise, Shoichi Hasegawa étudie la peinture a Tokyo, puis s'installe en France en 1961, pour affiner sa connaissance des techniques de la gravure. Il étudie dans l'atelier réputé de Stanley William Hayter (1901-1988) et acquiert rapidement une excellente maitrise, qui lui permet d'obtenir plusieurs prix internationaux.
Grâce à l'aquatinte imprimée en couleurs, il restitue ici l'effet d'une aquarelle qui crée une atmosphère flottante, sur laquelle se détache un fin maillage de lignes blanches. L'influence orientale de la calligraphie est perceptible dans son style, tout comme l'influence occidentale, en particulier du peintre allemand Paul Klee (1879-1940). Les œuvres de Shoichi Hasegawa présentent notamment des similitudes avec les aquarelles que Paul Klee réalise dans les années 1920

Stanley William Hayter (1901 - 1988)
Feu sous l'eau
1955
Burin, vernis mou et gouge imprimé en trois tons
Stanley William Hayter est I'un des plus grands graveurs du 20eme siècle. Britannique, il s'établit en 1926 à Paris. Il étudie la gravure à lAcadémie Julian, auprès de l'artiste polonais Joseph Hecht (1891-1951). Il ouvre son propre atelier de gravure, l'Atelier 17, en 1927. Doté d'une personnalité ouverte, dune volonté de partager et de mener la recherche esthétique à plusieurs, Hayter attire dans son atelier des artistes à la renommée internationale : Marc Chagall (1887-1937), Joan Miro (1893-1983), Pablo Picasso (1881-1973) et de nombreux artistes de l'École de Paris le fréquentent pour apprendre les différentes techniques de la gravure, explorer de nouvelles méthodes et exprimer pleinement la vision de l'artiste à travers la gravure originale. Hayter pratique la peinture et la gravure toute sa vie. Il met au point plusieurs techniques de gravure innovantes, dont une qui lui permet de tirer des estampes en plusieurs couleurs avec un seul passage de la plaque sous presse. Ses oeuvres sont parcourues de lignes expressives, colorées et dynamiques.

Bertrand Dorny (1931-2015)
Sans titre
1979
Eau-forte et aquatinte sur zinc, imprimée en trois couleurs
Encouragé par son oncle, le romancier André Gide (1869- 1951), à devenir peintre, Bertrand Dorny se tourne ensuite vers la gravure qu'il pratique à partir de 1967. Son oeuvre gravée, abondante, comprend près de 650 planches.
Il enseigne à l'Académie de la Grande Chaumière, puis à l'école des Beaux-Arts de Paris. Son langage plastique mêle jeux de formes et effets de matière, réalisés grâce à plusieurs techniques de gravure combinées. Ainsi, cette estampe conjugue la technique de l'eau-forte, pour les formes créant des aplats de couleurs, et l'aquatinte, qui donne un aspect plus granuleux à certaines parties de l'oeuvre. Cette estampe appartient à une série créée par Bertrand Dorny sur le thème des architectures.

Elisabeth de la Mauviniere (1903-2006) Graphisme tibétain
1983
Eau-forte et aquatinte imprimée en trois tons
Après une formation de peintre aux Arts Décoratifs de Paris, Élisabeth de la Mauvinière rencontre le peintre et graveur Jean Deville (1901-1972) au Salon d'Automne de 1927. lls se marient l'année suivante et, à son contact, Élisabeth de la Mauvinière découvre le monde de la gravure, auquel elle s'essaye dès les années 1940. Ses gravures en couleur révèlent une recherche dans le graphisme, avec des mouvements qui évoquent parfois une terre craquelée.

Krvstina Smiechowska (1935 - 2014)
Sans titre
1973
Eau-forte
Artiste polonaise, Krystina Smiechowska réalise sa carrière à Paris. Elle maîtrise toutes les techniques de la gravure, qu'elle combine souvent dans une même œuvre, en utilisant du papier gaufré pour ajouter de la texture à la gravure. Ses compositions incluent fréquemmen d'anciennes runes germaniques, des lettres enluminées inspirées des manuscrits slaves ou celtes du Haut Moyen Age, qui confèrent une aura de mystère à l'estampe finale.

Paolo Boni (1926-2017)
Déclic
1983
Graphisculpture imprimée en couleurs
Paolo Boni est linventeur d'une technique originale et unique dans le monde de l'estampe : la graphisculture. Initié a la gravure par Stanley William Hayter (1901-1988), il quitte l'atelier après avoir dérogé à l'une des règles transmises par le maître : ne pas percer la plaque. Paolo Boni développe par la suite un langage personnel, en combinant plusieurs plaques de métal qu'il découpe, lime, perce, afin d'obtenir des effets de gaufrures, d'alvéoles, de creux. Les plaques découpées sont rivetées entre elles, formant une sorte de puzzle. Elles peuvent être encrées séparément, sans risque de mélange des teintes, permettant d'imprimer une estampe de plusieurs couleurs avec un seul passage sous presse. La combinaison de deux, trois ou quatre plaques de matériaux différents crée des effets de reliefs, mais aussi des nuances dues à la réaction chimique entre l'encre et le métal sur lequel l'encre est apposée. Enfin, les espaces entre les plaques découpées font émerger, à l'impression, des blancs, qui s'ajoutent à la composition multicolore et au relief de l'estampe. Le terme de graphisculpture est inventé en 1970 par le galeriste et critique d'art milanais Alfonso Ciranna. |l nomme ainsi ces gravures qui se rapprochent, par leur relief et leur expressivité, d'une forme de sculpture sur papier.

Adolphe Ciestare, (1916-2024)
L'éternel naufrage
1987
Eau-forte et aquatine imprimée en couleurs
Peintre proche des artistes de la Nouvelle École de Paris, Adolphe Ciestare tisse une forte amitié avec Roger Baissière qui est notamment l'un des professeurs et ami d' Alfred Manessier puis avec Loutre B., fils de Bissière.
Il pratique la gravure pendant ses études à l'école des Beaux-arts de Paris, puis délaisse cette technique avant de renouer avec elle à partir de 1964.
Cette estampe au titre poétique décline des nuances et des effets vaporeux caractéristiques de l'aquatine.

Claude Raimbourg (né en 1935)
< Hommage à Manessier >
1997
Pointe seche sur Plexiglas
Installé à Cayeux-sur-Mer, Claude Raimbourg n'a pas été membre de la Jeune Gravure Contemporaine, mais son œuvre gravé, s'appuyant sur des matrices aux matériaux modernes et sur une expression personnelle, est résolument contemporaine.
Fils du comédien Julien Raimbourg (1903-1973) et de la pianiste Alice Gruet (1899-1985), Claude Raimbourg reçoit une éducation pluridisciplinaire. lnitié au dessin par son grand-père, son père l'inscrit a des cours d'art dramatique où il fait la connaissance de l'écrivain et dramaturge Samuel Beckett (1906-1989), qui l'encourage à s'essayer à la récriture. Il pratique la gravure en autodidacte dès les année 1970, parallèlement à la peinture et au dessin. Cette estampe appartient à une série réalisée par l'artiste en hommage au peintre Alfred Manessier (1911-1993), qu'il a connu.

Jacques Houplain (1920-2020)
Ex-voto pour l'impasse de la Baleine
1973
Jacques Houplain étudie à l'École des Beaux-Arts de Paris, notamment dans l'atelier de Jean Dupas (1882-1964), qui l'initie à la gravure. S'il pratique aussi la peinture par la suite, son médium de prédilection demeure la gravure. Dès 1945, il est invité par la Jeune Gravure Contemporaine à exposer certaines de ses œuvres à la galerie Sarrot-Le Garec à Paris. Il y fait la connaissance de Pierre Guastalla (1891-1968), d'Édouard Goerg (1893-1969) et de Kiyoshi Hasegawa (1891-1980). L'année suivante, Jacques Houplain devient membre titulaire de l'association. Il réalise de nombreuses expositions tout au long de sa carrière, en France et en Europe. En 1994, il reçoit le Grand Prix Léon Georges Baudry, qui récompense alternativement des peintres, des sculpteurs et des graveurs.
Les œuvres de Jacques Houplain sont empreintes de mystère et désotérisme. Leur conception débute par l'idée globale d'une vision, d'un rêve de l'artiste teinté de fantastique, qu'il va affiner au fur et à mesure de la création de la gravure. Jacques Houplain réalisait de nombreux états lui permettant d'enrichir ses œuvres, les textures des paysages et des personnages, entre chaque phase d'impression.

Jean Deville (1901-1972)
Amour lyrique
1957
Eau-forte
Né au sein d'une famille d'industriels, Jean Deville reprend la gestion de l'entreprise de fonderie et de métallurgie familiale, tout en embrassant une carrière artistique. Élève des peintres Maurice Denis (1870-1943) et Georges Desvallières (1861-1950), il est initié à la gravure dans les années 1930 par ses amis Yves Alix (1890-1969) et Gérard Cochet (1888-1969). Dès 1938, il adhère à l'association de la Jeune Gravure Contemporaine, dont il devient le président de 1969 à 1972. ll épouse Élisabeth de La Mauvinière, également graveuse et membre titulaire de l'association.
Ses estampes explorent la figure humaine sous toutes ses facettes, parfois avec une ironie acerbe. L'aspect très stylisé des personnages de cette estampe, dont l'un à la tête de mannequin, évoque la peinture métaphysique de Giorgio de Chirico (1888-1978).

Edouard Goerg (1893-1969)
Le petit café du matin
1954
Pointe sèche
Issu d'une famille de négociants, Édouard Georg rompt avec ses parents qui le destinent à reprendre la gestion de leur commerce. - part à Paris et s'inscrit à l'Académie Ranson, où il étudie de 1913 à 1914 sous la direction de Maurice Denis (1870-1943) et de Paul Sérusier (1864- 1927), fondateurs du mouvement des Nabis.
Ce mouvement prône la création d'une peinture détachée du naturalisme, qui utilise des couleurs pures et qui se veut à la fois décorative et empreinte de symbolisme.Au cours de cette formation auprès des peintres d'avant-garde Édouard Goerg suit également l'enseignement du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929).
Dans les années 1920, son style s'infléchit vers l'expressionnisme, dont il devient un représentant majeur en France. Dans l'art expressionniste, la subjectivité du peintre est placée dans la peinture, qui vient déformer la réalité pour mieux exprimer les émotions de l'artiste. L'expressionnisme de Goerg impregne à la fois ses peintures et ses gravures, donnant à ses oeuvres une atmosphère étrange, parfois effrayante.
Cette gravure est caractéristique du style de l'artiste : les deux femmes nues, surgies du néant, possède une figure inquiétante, en dissonance avec le titre de l'œuvre L`influence de Francisco de Goya (1746-1828), que Goerg admirait, est perceptible dans la chauve-souris à l'arrière plan, qui n'est pas sans rappeler la série d'estampes des Caprichos.

Jacques Houplain (1920-2020)
Saint Georges et la princesse de Trébizonde
1955
Eau-forte
Dans cette estampe, Jacques Houplain représente la légende de saint Georges, telle qu'elle est narrée par Jacques de Voragine (1228-1298) dans son ouvrage La Légende dorée (XlI siècle). Tribun romain, originaire de Cappadoce, en actuelle Turquie, saint Georges aurait tué un dragon qui terrorisait un village de Libye et qui exigeait qu'on lui sacrifie des êtres humains. En tuant le dragon, saint Georges sauve la princesse de Trébizonde, qui devait être offerte en offrande au monstre.
Cette gravure a connu trois états : après deux premières épreuves d'essai, Jacques Houplain accentue les morsures sur les rochers; au troisième état, l'artiste renforce la gravure à la pointe sèche sur la figure de la princesse.

Jacques Houplain (1920-2020)
Microcosmogonie en mémoire de caillou 1988
Eau-forte et aquatinte
Au Carmel, une petite préfiguration du musée d'Abbeville, en travaux jusqu'en 2030...

Jean Albert
La Mort et le bûcheron
1888
Huile sur toile
La Mort et le bûcheron est une fable de Jean de la Fontaine parue dans le premier recueil de 1668. Elle forme un pendant avec La Mort et le malheureux. Les deux fables mettent en scène des hommes misérables, éprouvés par la vie, la fatigue et la maladie, qui pensent que la mort ne serait pour eux qu'une délivrance. Cependant, lorsque la Mort se présente a`eux pour exaucer leur souhait, ils se ravisent : ils prennent conscience que malgré leurs souffrances, ils ne sont pas prêts à renoncer la vie.
Harfana des neides
Bubo scandiacus Linnaeus
1758
Spécimen naturalisé
Ancienne collection Jules Duchesne de Lamotte
Le Harfang des neiges est un oiseau des zones arctiques : on le retrouve au Canada, en Russie, en Norvège, en Finlande, en Suède, au Groenland, ainsi que dans l'État de l'Alaska aux États-Unis. Doté d'une vue perçante, Il peut chasser de jour comme de nuit et distingue des proies à 1 km de distance. ll se nourrit essentiellement de petits mammifères, mais aussi de poissons et d'autres oiseaux. Comme tous les rapaces nocturnes, son vol est silencieux, grace à une composition particulière de ses plumes


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