Auguste Bartholdi au musée d'Orsay en octobre 2026
La passionnante histoire de la statue de la liberté





















Auguste BARTHOLDI
La LIBERTÉ éclairant LE MONDE
Auguste Bartholdi fait partie de ces artistes qui ont créé une oeuvre si fameuse que leur nom s'en trouve relégué dans I'ombre. La Statue de la Liberté. de son véritable titre La Liberté éclairant le monde, est pourtant le produit du talent, de l'audace et de la persévérance d'un sculpteur français qui a dédié sa carrière à la statuaire monumentale. Inspiré par les idées républicaines du juriste Edouard Laboulaye, soutenu par les compétences de l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, puis de l'ingénieur Gustave Eiffel, Bartholdi parvient à donner forme à son rêve en mobilisant des moyens colossaux, des deux côtés de l'Atlantique.
La Statue de la Liberté est caractéristique d'une époque animée par la conviction que les monuments ont un rôle actif à jouer dans la marche du monde. Elle est aussi le fruit d'un contexte social et technique propre au xxe siècle que ce soit pour son financement, sa fabrication ou pour la diffusion de son image, qui en fait une œuvre célèbre avant même son inauguration. Concue initialement comme un monument à l'Indépendance américaine, destinée à célébrer l'amitié entre la France et les États- Unis, elle devient rapidement un pur symbole américain, emblème d'un pays qui aime à se présenter comme la terre où s'épanouit Ia Liberté.
HUBERT LOUIS NOËL
(Ruminghem,1839- Paris, 1925)
Maquette pour le monument à la mémoire d'Auguste Bartholdi de Colmar
Entre 1905 et 1907 Plâtre
Bien qu'il développe sa carrière principalement à Paris, Bartholdi entretient des liens importants avec l'Alsace y compris après le rattachement de cette région à l'Empire allemand en 1871. À sa mort, en 1904, sa veuve Jeanne Émilie fait don à la Ville de Colmar de son fonds d'atelier et de ses effets personnels, mais aussi de sa maison natale située dans le centre historique, afin d'y créer un
L'acte de donation est conc!u en 1907, alors que la municipalité inaugure un monument conçu par Hubert Louis Noë|, avec le concours d'Auguste Rubin, disciple de Bartholdi.

Auguste Bartholdi
(Colmar,1834 - Paris, 1904)
Paolo et Francesca
(d'après le tableau d'Ary Scheffer)
1854 Terre cuite
La mère d'Auguste Bartholdi, Charlotte, voue une admiration inconditionnelle au fameux peintre romantique Arv Scheffer. Elle lui confie la formation artistique de ses deux fils alors adolescents, Charles et Auguste, qui fréquentent l'atelier de la rue Chaptal (actuel musée de la Vie romantique). Le premier, comme de nombreux élèves, copie les tableaux célèbres du maître, tandis qu'Auguste s'oriente vers la sculpture. Il modèle ainsi cette interprétation en relief de l'œuvre la plus célèbre d'Ary Scheffer, Les Ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta apparaissent à Dante et à Virgile

Scheffer (1795-1858), Les Ombres de Francesca da Rimini et de Paolo Malatesta, huile sur toile, 171 x 239 cm, Paris, musée du Louvre

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar, 1834 Paris, 1904) -
Réduction du monument à La Fayette arrivant en Amérique
Après 1873
Bronze, chef-modèle pour l'édition Thiébaut frères Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar, 1834- Paris, 1904)
Maquette du monument élevé à la mémoire des aéronautes du siège de Paris
1876-1904 Bronze peint et patiné
Le Bourget, musée de l'Air et de l'Espace / inv.11012 Achat à Mme Jacquet, 1951
Une AMBITION MONUMENTALE
Auguste Bartholdi naît en 1834 à Colmar, dans une famille aisée de la bourgeoisie alsacienne. À la mort de son père, sa mère décide de s'installer à Paris pour favoriser l'éducation et l'insertion sociale de ses deux fils. Le jeune homme fréquente bientôt l'atelier du peintre romantique Ary Schetfer, qui l'oriente vers la sculpture. L'AIsace demeure cependant son point d'ancrage familial et le cadre de ses premières commandes publiques
A vingt ans, en 1856, il effectue un long voyage en Egypte et au Yémen en compagnie du peintre Jean-Léon Gérôme et de plusieurs jeunes artistes. Il retourne au Caire en 1869 pour proposer au vice-roi Ismail Pacha une statue-phare à placer à l'entrée du canal de Suez. Le projet ne convainc pas, mais le sculpteur conserve et retravaille ses esquisses.
Lorsque la guerre éclate entre la France et la Prusse en 1870, Bartholdi s'engage auprès de la garde nationale de Colmar pour défendre sa ville natale, avant de se mettre au service du gouvernement provisoire de la nouvelle république. ll opte pour la nationalité française en 1871, et conçoit plusieurs monuments commémorant ces événements, dont le fameux Lion de Belfort

AUGUSTE BARTHOLDI
Lion de Belford
Premier modèle vers 1874 platre
En 1872. la ville de Belfort commande à Auguste Barthold un monument commémorant la résistance héroïque de cette place-forte pendant la guerre franco-prussienne. Le sculpteur conçoit un grand lion au repos, dressant fièrement sa tête et écrasant une flèche de sa patte tendue. La statue, haute de 11 m et longue de 22, doit être construite en grès, adossée à la paroi rocheuse dominée par la citadelle. Une souscription publique est lancée pour financer l'oeuvre, qui est achevée en 1880. La même année, une réduction en cuivre repoussé est installée à Paris, place Denfert-Rochereau.

ADOLPHE BRAUN
(Besancon, 1812- Dornach. 1877)
Le Lion de Belfort
Vers1880
Epreuve au charbon contre collée sur carton

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar, 1834 Paris, 1904) -
Projet de phare pour Suez
1986 (d'après une terre cuite de 1867) Fac- similé en résine par Arthus Bertrand
Colmar, musée Bartholdi Édité en 1986 pour l'exposition du centenaire
Bartholdi découvre les travaux du canal de Suez à l'occasion de l'Exposition universelle de 1867. Impressionné, il concoit le projet d'une grande statue-phare qui pourrait en marquer l'entrée de facon monumentale, sous la forme d'une femme fellah (paysanne égyptienne) brandissant la torche du progrès En 1869. il se rend au Caire pour soumettre ses esquisses au vice-roi d'Égypte, Ismaïl Pacha, qui ne se montre pas enthousiaste. Décu, le sculpteur conserve néanmoins ces statuettes et développe l'idée d'une allégorie féminine tenant un flambeau à bout de bras.
GENÈSE d'une ICONE
Auguste Bartholdi a raconté les origines de son grand projet, qu'il situe en 1865: au cours d'un dîner, son ami le juriste Édouard Laboulaye propose de célébrer l'amitié entre la France et les États-Unis en 1876, pour le centenaire de la Déclaration d'Indépendance américaine. L'idée resurgit en 1870, alors que le Second Empire prend fin et que la Troisième République s'installe en France. Reprenant le projet de statue-phare conçu pour Suez. le sculpteur le fait évoluer vers une figure plus classique, à visée universelle. Un certain nombre d'allégories de la Liberté et de la République créées depuis la Révolution française ont pu l'inspirer pour mettre au point l'iconographie de La Liberté éclairant le monde, en sélectionnant certains attributs et en en écartant d'autres. Entre 1870 et 1875, il donne forme progressivement aux idées quil partage avec Laboulaye, plus libérales que révolutionnaires: la Liberté élève bien haut le flambeau du progrès; sa tête est ornée d'un diadème rayonnant et non d'un bonnet phrygien ; elle tient une tablette portant la date de lIndépendance ; elle esquisse d'un pied un mouvement vers l'avant, et de l'autre elle foule une chaine brisee.

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar. 1834 - Paris. 1904)
Première esquisse pour La Liberté éclairant le monde
1986 (d'après une terre cuite de 1870) Fac-similé en résine par Arthus Bertrand
Colmar, musée Bartholdi Édité en 1986 pour l'exposition du centenaire
La plus ancienne ébauche conservée pour la Statue de la Liberté est une terre modelée par Bartholdi en 1870, soit avant son premier vovage aux États-Unis. Le sujet est identifiable aux chaînes brisées que la figure foule du pied droit. La main gauche abaissée, comme dans le projet pour Suez, devait tenir un fragment de chaînes brisées, ou peut-être une cruche cassée, autre attribut occasionnel de la liberté. Aucun dessin préparatoire n'a été conservé. ll s'agit donc de la seule véritable connue à ce jour.

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar, 1834- Paris, 1904)
Maquette préparatoire pour La Liberté éclairant le monde
Vers 1871
Terre cuite moulée et gravée
Paris. Conservation des oeuvres d'art religieuses et civiles de la Ville de Paris
Dans ses notes de 1871, le sculpteur évoque un proiet présenté à ses interlocuteurs américains, sans préciser sous quelle forme. Entre la première esquisse et le modèle définitif, deux états intermédiaires sont documentés par des maquettes en terre cuite éditées à quelques exemplaires, mais qui ne sont pas datés. Les chaînes brisées renvoient à la libération de l'esclavage, sujet encore sensible pour les Américains aui sortent juste de la Guerre de Sécession. Bartholdi, peut-être en concertation avec Laboulaye, choisit de les remplacer par une table de la loi: la Liberté doit être assurée par le droit.

JOSEPH CHINARD
(Lyon 1756 Lyon, 1813)
La liberté
Vers 1793-1794 Terre cuite
Paris musée Carnavalet Histoire de Paris / Achat en vente publique, 1885

LUC BRETON
(Besançon, 1731- Besançon, 1800)
La Liberté ou La République
1795 Terre cuite
Besançon, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie

DAVID D'ANGERS Pierre-Jean David. dit
Angers 1788 - Paris 1856
La liberté
1839 bronze
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris
En 1839. sous la Monarchie de Juillet, David d'Angers crée une figure de la Liberté pleine d'énergie afin de commémorer, le cinquantenaire de la Révolution francaise. Coiffée d'un bonnet phrygien, elle tient une couronne de lauriers ainsi qu'une feuille marquée < 89 > et < 1830 >. Elle écrase du pied les chaînes de l'oppression, tandis qu'un couplet vindicatif de La Marseillaise est inscrit sur la terrasse Éditée sous le titre de La Liberté militante, cette statuette témoigne des convictions républicaines du sculpteur et de son soutien au mouvement révolutionnaire de 1830

AUGUSTE CLÉSINGER
(Besançon, 1814 Paris 1883)
La République
1848 Plâtre doré
Paris, musée d'Orsay

CHARLES JANSON
(Arcis-sur-Aube,1823 - Paris,1881)
La République
1848 Platre
Troyes, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie
En 1848, la toute jeune Seconde République lance un concours pour se doter d'images officielles sous la forme d'un tableau, d'une sculpture et d'une médaille. Plus de 170 sculpteurs envoient une maquette, parmi lesquels Janson et Soitoux Tous proposent une allégorie féminine vêtue d'un drape classique, mais les poses et les attributs varient. Janson lui donne un bonnet phrygien et un flambeau pour éclairer les peuples, tandis que Soitoux remporte le concours avec sa République très digne et rassurante. Le marbre, achevé en 1850, n'est installé qu'en 1880 sur le quai Malaquais, à Paris

JEAN-FRANÇOIS SOITOUX
(Besançon, 1816 Paris, 1892) -
La République
Vers 1850 Cuivre, galvanoplastie
Paris musée d'Orsay

GEORGES DIÉBOLT
(Dijon, 1816 - Paris, 1861)
La France remunératrice
1851 Bronze
Paris musée du Louvre, département des sculptures

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar, 1834 - Paris, 1904)
Buste de William Maxwell Evarts, président du Comité américain
1986 (d'après un plâtre de1881) Fac-similé en résine par Arthus Bertrand
Colmar, musée Bartholdi Édité en 1986 pour l'exposition du centenaire

PIERRE PETIT (Aups. 1832- Paris, 1909] d'après Auguste Bartholdi
La Statue de la Liberté dans le port de New York
Epreuve sur papier albuminé d'après un dessin et montée sur carton
Une vue anticipée de la statue dessinée par Bartholdi, conservée aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art (New York), est reproduite dans la presse sous forme de gravures.

Notice, documents sur l'oeuvre de l'Union franco-américaine
L'UNION FRANCO- AMERICAINE
Dès le départ, Laboulaye imagine le monument à I'Indépendance américaine comme le projet commun de deux nations, un don du peuple francais au peuple américain, et non d'un État à un autre État. I| soutient Bartholdi lors de son premier voyage aux États-Unis en 1871, lui fournissant des lettres de recommandation pour l'introduire dans les cercles artistiques et politiques américains. Ce n'est pourtant qu'en 1875, une fois la République bien installée en France, que les deux hommes parviennent à rassembler les énergies nécessaires au lancement de la campagne de souscription. lls créent à cet effet un organisme ad hoc, I'Union franco-américaine, présidée par Laboulaye, qui fait paraître dans la presse une lettre annonçant officiellement son projet le 28 septembre 1875. La statue sera financée et construite par les Français, et le piédestal par les Américains. Un comité national est créé de chaque côté de l'Atlantique pour collecter l'argent nécessaire Les membres influents qui le composent usent de toutes leurs relations pour faire connaître le projet, et multiplient les manifestations publiques.
HENRI MEYER
(1841-1899) dessinateur
Le Banquet franco-américain du 6 novembre 1875, Hôtel du Louvre. Paris
Estampe publiée dans Le Journal illustré, 21 novembre 1875
Afin de promouvoir son projet et de susciter des dons, l'Union franco-américaine organise un fastueux banquet au Grand Hôtel du Louvre le 6 novembre 1875, quelques semaines après le lancement officiel de la souscription. C'est l'occasion de présenter le < modèle du Comité >, et Laboulaye fait un long discours exposant les idées qui ont guidé la conception de l'œuvre par Bartholdi. A la différence des "colosses de bronze" coulés avec des canons pris sur l'ennemi, explique-t-il, la statue sera faite de cuivre vierge, fruit du travail et de la paix.

ANONYME
Projet de menu orné d'un dessin caricatural représentant Auguste Bartholdi et la Statue de la Liberté, 30 novembre 1876
1876 Crayon graphite, encre et aquarelle sur papier
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907

AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar,1834- Paris, 1904)
Buste d'Edouard Laboulaye (1811-1883)
1866
Marbre exécute en 1887
Paris, Centre national des arts plastiques
Bartholdi expose au Salon de 1866 le buste de son ami Édouard Lefebvre de Laboulaye, dit Édouard Laboulaye. Juriste et historien, professeur de législation comparée au Collège de France depuis 1849, Laboulaye est un éminent spécialiste de la constitution américaine, dont il vante la conception équilibrée. Républicain convaincu, de tendance nettement libérale, il est un opposant ferme au Second Empire, puis une figure politique majeure des débuts de la Troisième République. Il est le premier président de l'Union franco- américaine de 1875 à sa mort, en 1883.
AUGUSTE BARTHOLDI
(Colmar, 1834 - Paris, 1904)
La Liberté éclairant le monde,
modèle du Comité
1878
Terre cuite, édition Avoiron et Cie
Colmar, musée Bartholdi Achat par souscription des habitants de Colmar
Jusqu'en 1855, Bartholdi confie à la société Avoiron le monopole de l'édition de réductions du modèle du Comité dans différents matériaux. Une centaine de grandes terres comme celle-ci sont vendues: leur qualité en fait des obiets d'art coûteux, acquis par des villes ou les personnalités fortunées qui contribuent ainsi à la levée du Comité francais. Cet exemplaire porte le numéro 34 et le cachet de l'Union franco-américaine.
SMEETON
graveur
d'après un dessin de Claverie et Kauffmann
L'atelier du sculpteur de la Statue de la Liberté pour le port de New York
1876
Estampe publiée dans Illustrated Christian Weekly
Le développement des techniques de reproduction mécanique d'images gravées d'après des dessins ou des photographies permet aux journaux de proposer de plus en plus d'illustrations pour accompagner leurs articles. Les lecteurs américains, tout comme les Français, sont ainsi tenus au courant de la réalisation de la première partie de la Statue de la Liberté, dont la présentation au public est annoncée pour le Centennial Exhibition de Philadelphie.
Le nom et la figure de Bartholdi deviennont rapidement célèbres aux Etats-Unis
ANONYME
La Main au flambeau de la Statue de la Liberté sur Madison Square à New York
Vers 1876 Épreuve sur papier albuminé
Installée à Philadelphie à la fin de l'été 1876, la main tenant le flambeau de la Liberté devient l'une des attractions de l'exposition. Un escalier intérieur permet de monter sur la plate-forme constituée par la base de la torche. Une boutique aménagée dans le socle propose la vente de photographies- souvenirs, qui contribuent au financement du projet tout en diffusant limage de la Statue. L'ensemble de ce dispositif est ensuite transporté à New York, ou il est présenté sur Madison Square. L'oeuvre est ensuite rapatriée en France pour le premier montage complet de la Statue.
EDWARD MORAN
(Bolton [Royaume-Uni], 1829 - New York, 1901)
La Statue de la Liberté de nuit
1876 Huile sur panneau
Colmar musée Bartholdi
PIERRE PETIT
(Aups, 1832 Paris, 1909)
d'après Charles Marville
Fabrication du modèle en plâtre de la Statue de la Liberté
Vers1877 Épreuve sur papier albuminé
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi à la Ville de Colmar, 1907
IMPRIMERIE J. CHÉRET ET CIE
Affiche pour le diorama de la Statue de la Liberté au Palais de l'Industrie
1877
Lithographie couleur montée sur papier entoilé
Colmar, musée Bartholdi Achat auprès de Camard et Associés,2005
HENRI SAINTIN
(1846 -1899)
La Tête de la Statue de la Liberté à l'Exposition universelle de 1878
Huile sur panneau
L'acheminement du buste de la Statue depuis les ateliers de la plaine Monceau jusqu'au Champ de Mars attire une foule de curieux, dont certains s'exclament : "Vive la République ! Cest la tête de la République ! " La ressemblance est aussi soulignée avec la statue de la République francaise, œuvre d' Auguste Clésinger, qui siège à quelques pas. Haut de 5,26 mètres, le buste de la Liberté devient une attraction remarquée, et les visiteurs se pressent pour en faire l'ascension, de même que leurs homologues americains accouraient au sommet du flambeau deux ans plus tot.
BAUDE
(Dates inconnues) dessinateur
Exposition universelle. -Tête de la Statue de la Liberté, œuvre de M. Bartholdi
Paris Exposition.
1878
Estampe publiée dans L'Univers illustré, 28 septembre 1878
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
ANONYME
Paris, exposition de la tête de la Statue dela Liberté
1878
Épreuve sur papier albuminé
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
FABRIOUER LA STATUE
Haute de 46 mètres, La Liberté éclairant le monde n'aurait pas pu être coulée en bronze, comme le sont la plupart des statues en métal : son poids aurait été trop important et les contraintes techniques impossibles à surmonter. La solution retenue consiste à réaliser l'œuvre en cuivre repoussé, grâce au savoir-faire de la société Monduit et Béchet, devenue en 1880 Gaget, Gauthier & Cie. Il faut pour cela agrandir plusieurs fois la statue, d'abord en entier puis par morceaux, réalisés en plâtre. On fabrique ensuite des gabarits reproduisant les surfaces en creux, dans lesquels sont martelées des tôles de cuivre laminées épaisses de seulement 2,5 millimètres. Une fois mises en forme, ces tôles sont assemblées sur une structure interne métallique dont la conception est confiée initialement à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. À la suite du décès de ce dernier, en 1879, l'ingénieur Gustave Eiffel lui succède, apportant au projet son expérience dans la construction de grands ponts métaliques, comme le viaduc de Garabit, que son entreprise réalise durant la même période.
PIERRE PETIT
(Aups, 1832- Paris. 1909)
Vue panoramique des ateliers Gaget, Gauthier & Cie
1881
Trois épreuves sur papier albuminé assemblées et retouchées
Après la construction du flambeau et de la tête pour les Expositions universelles, l'espace devient bientot trop exigu pour accueillir les opérations intermédiaires de faconnage de toutes les parties de la statue. Un terrain annexe est loué à partir de 1881. Cette vue de panorama, constituée de trois clichés assemblés, montre les modèles en plâtre a taille dexécution à partir desquels sont fabriques les gabarits de bois, et à droite la structure interne concue par Eiffel et Koechlin, déja montée dans la cour des ateliers.
CHARLES MARVILLE
(Paris, 1813 - Paris. 1879)
Le Vercingétorix d'Aimé Millet exposé au Salon de 1865
1865
Epreuve sur papier albuminé
Au Salon de 1865, le sculpteur Aimé Millet expose une grande statue de Vercingétorix commandée par l'empereur Napoléon IlI. Haute de 6,60 m, elle est destinée au site de la bataille d'Alésia, en Bourgogne, lieu de la défaite du chef gaulois face à César. Elle est réalisée en cuivre repoussé par la société Monduit et Béchet. L'architecte Viollet-le-Duc conçoit la structure interne de l'oeuvre et dessine son piédestal. Dix ans plus tard, Bartholdi fait appel au meme architecte et à la même société pour la réalisation des premiers éléments de La Liberté éclairant le monde.
Attribué à PIERRE PETIT
(Aups, 1832 - Paris, 1909)
Vue des ateliers Gaget, Gauthier & Cie, les ouvriers martelant des feuilles de cuivre
Entre 1881 et 1884
Épreuve sur papier albuminé
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
ALBERT FERNIQUE
(Paris,1841-Paris,1898)
La Statue de la Liberté en cours de montage dans les ateliers Gaget, Gauthier & Cie
Vers1888
Épreuve sur papier albuminé
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
ALBERT FERNIQUE
(Paris, 1841 - Paris, 1898)
La Statue de la Liberté montée dans les ateliers Gaget, Gauthier & Cie
1884
Épreuve sur papier albuminé collée sur carton
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Emilie Bartholdi, 1907
VICTOR DARGAUD
(Paris,1847 - Saint-Cyr-sur-Loire, 1914)
La Liberté éclairant le monde, vue du boulevard de Courcelles
1884
Huile sur toile
Paris, musée Carnavalet - Histoire de Paris Ancienne collection Gaget
Le peintre Dargaud s'est fait une spécialité des vues de Paris dans les dernières décennies du xixe siècle. Pour ce tableau. il a posé son chevalet dans le quartier de la Plaine Monceau. où se trouve la rue de Chazelles, adresse des ateliers Gaget. Gauthier & Cie. La Statue de la Liberté émerge parmi les toits alors que sa construction s'achève, au printemps 1884 Les badauds qui s'arrêtent pour profiter de cette vue étonnante témoignent de l'engouement des Parisiens pour ce chantier avec lequel ils ont vécu durant plusieurs années.
VERS LE NOUVEAU MONDE
Le 4 iuillet 1884, la statue achevée est symboliquement remise à l'ambassadeur américain à Paris. Elle est ensuite démontée et mise en caisses, acheminée en train jusqu'à Rouen puis par bateau jusqu'à New York. Pourtant, rien n'est encore acquis du côté américain car la campagne de souscription pour le piédestal n'a pas réuni la totalité des fonds nécessaires. Si la première pierre est posée le 5 août 1884, l'achèvement des travaux est menacé par le manque d'argent. Le journaliste Joseph Pulitzer lance alors un appel aux classes populaires dans son quotidien à sensation The World qui parvient à collecter 102 000 dollars pour le Comité américain auprès de plus de 120 000 donateurs
Le 28 octobre 1886. le président américain Grover Cleveland inaugure le monument en grande pompe: défilé civil et militaire sur Broadway, parade navale, dévoilement et feux d'artifice. Auguste Bartholdi est alors une célébrité, tant aux Etats-Unis qu'en France. Dans les décennies suivantes. la Statue de la Liberté devient une véritable icône mondiale, mais sa signification évolue: son origine francaise s'efface au profit de réinterprétations liées à l'histoire propre des États-Unis.
HENRIMEYER
(1841- 1899) dessinateur
Remise de la statue colossale de la Liberté à M. Morton. ambassadeur des États-Unis
1884
Estampe publiée dans Le Journa/ /llustre, 13 juillet 1884
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
Attribué PIERRE PETIT
(Aups, 1832- Paris, 1909)
Auguste Bartholdi au pied de la Statue de la Librté, le jour de la donation au peuppee américain, le 4 juillet 1884, 1884
Épreuvephotographique surpapier ootrecollée sur carton,fac-similé
1884
Paris, musée des Arts et Métiers Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
Attribué à EMILE BAYARD
(La Ferté-sous- Jouarre, 1837 - Le Caire, 1891)
Remise à M. Morton, ministre des États-Unis, de la Statue de la Liberté, par M. Bartholdi
1884
Crayon graphite, encre, aquarelle et gouache sur papier
Ce dessin réalisé pour la presse a été gravé et reproduit dans L'Illustration, ie 12 juillet 1884. Il témoigne de la foule nombreuse venue assister à la cérémonie qui conclut l'achèvement du montage à Paris le 4 juillet 1884, jour de la fête nationale américaine. Après la lecture d'une lettre du président français Jules Grévy, absent pour cause de maladie, Ferdinand de Lesseps prononce un discours en qualité de président de l'Union franco-américaine, Edouard Laboulaye étant décédé l'année précédente. L'ambassadeur Morton déclare accepter le cadeau au nom du président amnéricain Chester Arthur.
ALBERT FERNIQUE
(Paris, 1841- Paris, 1898)
graveur
chromotypographe
Acte de donation de la Statue de la Liberté 1881
A. HAUGER
graveur
Chargement de la Statue de la Liberté, à bord de L'Isère
1885
Estampe publiée dans L'Illustration 13 juillet 1885
Colmar, musée Bartholdi Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
ÉDOUARD ADAM
dit. Adam du Havre
(Brie-comte-Robert, 1847 - Le Havre. 1929)
L'Isère, frégate de la Marine nationale ayant transporté la statue de Rouen
à New York
Huile sur toile
1886
Le financement de La Liberté éclairant le monde résulte intégralement de dons privés et de plusieurs villes, mais le gouvernement francais contribue au projet en mettant à disposition une frégate de la Marine nationale, L'Isère, pour assurer le transport vers les États-Unis. La Statue est démontée en février-mars 1885, et ses 350 éléments en cuivre, ainsi que les pièces de la structure interne, remplissent 210 caisses. Elles rejoignent Rouen par le train, puis sont chargées en mai sur le navire, qui est accueilli a New York le 17 juin par une parade navale.
ANONYME
Les ouvriers posant devant le coffrage du socle de la Statue de la Liberté à New York
1885
Épreuve sur papier albuminé
Lorsque la frégate L'Isère arrive à New York, en juin 1885, le chantier de construction du piédestal n'est pas terminé, car la collecte des fonds nécessaire s'avère plus longue que prévu. Sur cette photographie, les ouvriers posent devant le coffrage utilisé pour recevoir le béton qui constitue la structure interne du socle. Un parement fait de blocs de granit du Connecticut viendra ensuite habiller sa surface, conformément au dessin de l'architecte Richard Morris Hunt. En avril 1886, le remontage de la statue sur son piédestal peut enfin commencer.
HENRI THIRIAT
(1843 1926)
graveur
La Statue de la liberté à New York.
La fin du montage
1886
Estampe publiée dans L'Illustration,23 octobre 1886
Colmar, musée Bartholdi Donationde Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
JOHN S.JOHNSTON
(1839 - 1899)
L'Assemblage définitif de la Statue de la Liberté à New York
1886
Épreuve sur papier albuminé
Paris musée des Arts et Métiers- CNAM Donation de Jeanne Émilie Bartholdi, 1907
ANONYME
L'Inauguration de la Statue de la Liberté. le 28 octobre 1886. le défilé civil et militaire à Broadway
1886
Une du Frank Leslie's Illustrated Newspaper, 1er novembre 1886
Le 28 octobre 1886 est déclaré jour férié à New York pour inaugurer la " Bartholdi Statue" Les festivités sont à la mesure du monument. Le sculpteur effectue une nouvelle fois le voyage transatlantique, et le Maire de New York le fait citoyen d'honneur de la ville la veille de l'inauguration. La Statue est solennellement dévoilée tandis que sur l'estrade officielle se succèdent les discours des dignitaires. Les quelques mesures d'économie imposées par le Congrès aréricain ne limitent pas le faste des cérémonies.
CHARIES GRAHAM
(dates inconnues)
L'illumination du port de New York lors de l'inauguration de la Statue de la Liberté
1886
Estampe publiée dans The Harper's Weekly, 6 novembre 1886
Paris, musée des Arts et Métiers - CNAM Donation de Jeanne Émilie Bartholdi
Le 28 octobre 1886 est décrété jour férié dans tout le pays à l'occasion de l'inauguration de La Liberté éclairant le monde. C'est un jour de fête! Plus d'un million de personnes se pressent dans les rues de New York pour assister aux défilés et à la parade navale qui a lieu dans la baie. Une cérémonie officielle a lieu sur l'ile.
Après 15 ans de travail et d'acharnement, Frédéric Auguste Bartholdi réalise le rêve de son existence.
Aurait-il pu imaginer que 140 ans plus tard, cette statue deviendrait un tel symbole !
ANONYME
La Liberté éclairant le monde
Avant 1907
Verre peint en grisaille, pate de verre, plomb
La diffusion de l'image de la Liberté créée par Bartholdi se poursuit bien après son inauguration. Dans toutes les formes d'expression, elle est utilisée comme un motif parfois réinterprété, mais toujours immédiatement reconnaissable. Ce vitrail issu de l'appartement de Bartholdi témoigne de cette postérité protéiforme. Joseph Pulitzer avait également fait réaliser une verrière de la statue pour orner le siège du World à New York, en souvenir de la campagne qui avait propulsé les ventes de son journal. Elle est encore visible aujourd'hui à l'école de journalisme de la Columbia University
CHARLES GRAHAM
dessinateur
HARPER AND BROTHERS
graveur
Parade navale dans la baie de New York pour le centenaire des États-Unis, le 2 avril 1889
La Liberté éclairant le monde. La statue colossale de Bartholdi sur l'ile de Bedloe, dans le port de New York
Devenue célébre avant son inauguration, la silhouette de la Statut de la Liberté s'inscrit durabiement dans le paysage de la baie, Son origine française et les intentions qui ont présidé à sa réalisation survivent quelques années, avant de s'effacer derrière son association exclusive à la ville de New York. A partir de f"installation du nouveau guichet d'Elis Island en 1892, la statue entre dans l'histoire de l'immigration vers les États-Unis. Ce n'est qu'en 1903 que le célèbre poême ď'Emma Lazarus " Le Nouveau Colosse ", écrit pour la campagne de levée de fonds en 1883, est gravé sur le socle de la statue
LE NOUVEAU COLOSSE
Non comme le fameux colosse de métal Au pas grec conquérant qui enjambait les eaux;
A nos portes du couchant que lavent les flots
Cette femme fera front avec un fanal
Dont la lumière est l'éclair enclos,
on l'appelle Mère des Exilés.
Dans sa main brûle un feu
Qui salue l'univers ; elle guide des yeux Le port au pont léger de nos villes jumelles.
"Garde, Vieux Monde, ta pompe passée!
Donne-moi tes pauvres, ceux qui chancellent,
Tes masses entassées aspirant à l'air libre.
Le rebut malheureux de ta rive à ras bord.
Envoie ces sans-abris que la tempête livre,
Je lève ma lampe près de la porte d'or! "































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