Marie-Antoinette et Louis XVI au château de Fontainebleau en octobre 2026
Quelques beaux tableaux dans cette exposition surtout consacrée aux décors et au mobilier du château de Fontainebleau, un peu décevante au total...






















MARIE-ANTOINETTE ET LOUIS XVI
Splendeur et douceur de vivre
Période fastueuse du château de Fontainebleau, le règne de Marie- Antoinette et Louis XVI (1774-1792) n'avait encore jamais fait l'objet d'une exposition, Les onze séjours d'automne que ces souverains ont effectués avec la Cour dans cette résidence royale attestent l'attachement qu ils lui vouent. À cette époque, d'exceptionnels décors (cabinet turc, grand cabinet de la reine, cabinet de retraite de la reine, cabinet à la Poudre du roi, salle à manger du roi, salle des Buffets, chapelle de la Trinité, etc.) sont réalisés sous la houlette des architectes Richard Mique, Nicolas-Marie Potain et Pierre Rousseau. Ces ensembles témoignent encore avec éclat de l'excellence du mécénat des derniers Bourbons. Des oeuvres remarquables, dont certaines reviennent aujourd'hui à Fontainebleau pour la première fois depuis l'Ancien Régime, sont également exécutées pour le château par les meilleurs artistes et artisans du temps. Alors que la France s'engage dans la guerre d'Indépendance américaine et que les finances du pays sont au plus mal, le chateau de Marie-Antoinette et Louis XVI est aussi le lieu de la chasse à courre, des jeux, des bals, du théâtre et de l'opéra. Fontainebleau connait alors un ultime moment de splendeur et de douceur de vivre avant la Révolution.
JOSEPH-SIFFRED DUPLESSIS (1725-1802) ET SON ATELIER
Portrait de Louis XVI en manteau royal
Apres 1777 Huile sur toile
Musée Ingres-Bourdelle Montauban
Ce portrait officiel est commandé en décembre 1774 à Duplessis, surnommé le "Van Dyck de la France" .
FÉLIX LECOMTE (1737-1817)
Marie-Antoinette, reinede France
1783
Marbre
Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Ce célèbre buste de Marie-Antoinette est exposé par Lecomte au Salon du Louvre de 1783. Il appartient alors à l'abbé de Vermont, qui est le lecteur de la reine. L'œuvre impose à la postérité une image de la reine empreinte de noblesse et de douceur. Sous la Restauration, le buste figure à Fontainebleau.
THOMAS BURKE (1749-1815) D'APRÈS ANGELICA KAUFFMANN (1741-1807)
Cupid disarmed by Eupbrosine
Stipple et eau-forte, imprimé en couleur PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE
FRANCESCO BARTOLOZZI (1728-1815) D'APRÈS HENRY WILLIAM BUNBURY, (1750-1811)
Love and honour
Stipple et eau-forte, imprimé en couleur PARIS, BIBLIOTHÉQUE NATIONALE DE FRANCE
Aucentre PELTRO WILLIAM TOMKINS (1760-1840) D'APRÈS HENRY WILLIAM BUNBURY (1750-1811)
Morning employments Stipple et eau-forte, imprimé en couleur PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE
Non identifié
Non identifié
Entre 1784 et 1787, Marie-Antoinette constitue une remarquable collection de 700 gravures anglaises acquises aupres du marchand Basan. Seules quarante-six d'entre elles entrent au cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale en février 1793.
Un trajet au fil de l'eau
La situation géographique de Fontainebleau permet à la Cour de s'y rendre par voie deau sur la Seine. Pour chaque séjour un service de coches d'eau est mis en place. L'Almanach royal rappelle les conditions d'acheminement : Le coche royal de Fontainebleau part de Paris tous les jours à 7 heures précises du matin et arrive le même jour et à pareille heure à Valvins moyennant 2 livres 10 sols. On le prend à Paris quai de la Tournelle. Il repart de Valvins à 8 heures pour arriver à Paris à 7 heures du soir .
Officiellement. Marie-Antoinette et Louis XVI effectuent sept voyages d'automne à Fontainebleau entre 1774 et 1786. Toutefois, si l'on inclut les petits voyages sans la Cour et la période durant laquelle ils sont dauphine et dauphin, on peut considérer qu'ils sont venus presque tous les ans entre 1770 et 1787. En 1785 et 1786. Marie- Antoinette n'hésite pas à gagner Fontainebleau dans un
CHARLES-MELCHIOR DESCOURTIS D'APRÈS PIERRE-ANTOINE DEMACHY vue de la porte Saint-Bernard et du quai de la Cournelle
Vers 1785- Aquatinte
Musé Carnavalet
Des architectes de renom
Au poste de directeur général des Batiments du roi, Louis X VI nomme en 1774 le comte d'Angiviller, qui joue le rôle d'un véritable ministre de la Culture avant la lettre. L'année suivante. Richard Mique succède à Ange-Jacques Gabriel comme premier architecte du roi mais, a partir de septembre 1776, en raison d'une réforme, son rôle est limité. Localement le véritable responsable est le < contrôleur des bâtiments du roi au département de Fontainebleau >. Jérôme-Charles Bellicard. En avril 1777, l'architecte Nicolas-Marie Potain, lauréat du grand prix de Rome lui succède et devient ainsi le principal architecte du château iusqu'à la Révolution. A la fin de 1784, celui-ci fait nommer son gendre, Pierre Rousseau, inspecteur des batiments du château, afin de l'assister. Ce dernier est un dessinateur hors pair qui ioue un rôle déterminant. À Fontainebleau, le contexte financier ne permet pas de grandes entreprises architecturales mais de remarquables aménagements intérieurs sont engagés. Potain, des son arrivée, conduit les travaux du cabinet turc de la reine. À partir de 1778, il s'investit dans les proiets de reconstruction du théâtre. Il orchestre les fastueux travaux des appartements royaux de 1786. Il assure la restauration de nombreux autres appartements et l'entretien suivi du château avec ses nombreuses dépendances.
FRANÇOIS-ANDRÉ VINCENT
(1746-1816)
Portrait de l'architecte Pierre Rousseau (1751-1829)
Huile sur toile
Musée de l'hôtel Sandelin, Saint-Omer
Ce beau portrait de l'architecte Rousseau a été peint par Vincent pendant leur séjour romain en 1774. À partir de 1785. Rousseau, gendre de l'architecte du château Potain, joue un rôle essentiel dans les travaux de décoration des appartements royaux et l'adoption du style arabesques
Un nouvel appartement pour le roi
Devant la vétusté du château, un nouvel appartement est créé pour le roi en doublant l'aile de la galerie Francois Ier. Les plans en sont approuvés par le souverain le 12 novembre 1785. Véritable défenseur du patrimoine, Louis XVI interdit la destruction de la galerie, que cet agrandissement pourrait entraîner. Au premier étage, le nouvel appartement comprend un cabinet à la Poudre (pour son habillement), un cabinet intérieur, une bibliothèque, une grande salle de bain. une chambre privée. Cette enfilade est complétée au rez-de- chaussée par un billard, un salon des Jeux, une grande salle à manger et une salle des Buffets. L'état des finances oblige le roi a n'accepter "que de la peinture en blanc sans autre dorure que celle des bordures de glaces". Le peintre Piat-Joseph Sauvage peint cependant d'admirables dessus-de-porte imitant des bas-reliefs. La creation de cet appartement est complétée d'importants changements mobiliers. L`ameublement du roi à Versailles sert de référence pour les nouvelles commandes. Quelques-uns des plus beaux meubles de Jean-Henri Riesener, des bronzes d'ameublement et de précieuses étoffes sont alors livrés pour les cabinets du roi. En 1787, le lit de parade du roi est même refait et pourvu d'ornements militaires inédits.
JEAN-BAPTISTE CLAUDE SENÉ (1747-1803) ET LAURENT (ACTIF SOUS LOUIS XVI) Fauteuil de la chambre de Madame Élisabeth 1791 Bois sculpté et doré, En 1791, le Garde-Meuble livre pour la chambre de Madame Élisabeth, la soeur du rois, deux fauteuils de représentation. Celui qui est exposé est exécuté par le menuisier Sené et le sculpteur Laurent en copiant un exemplaire plus ancien (vers 1770) actuellement présenté dans l'appartement du Pape.
MICHEL-HUBERT BOURGOIS
(1755-1791)
Grande esquisse pour le grand cabinet de la reine 1786 Huile sur bois Durham, the Bowes museum
Ce merveilleux panneau destiné au grand cabinet de la reine est exécuté à titre d'essai afin d'être présenté aux souverains. En 1786, pour la décoration de cette salle, l'architecte Rousseau fait appel à Michel-Hubert Bourgois, un jeune peintre d'ornements qu'il emploie à l'hôtel de Salm à Paris.
Une salle à manger sans équivalent
A la fin de 1785, les travaux des appartements du roi commencent par une spectaculaire salle à manger, qui remplace celle de Louis XV (au rez-de-chaussée, actuel cabinet topographique de l'Empereur réuni au salon des Oiseaux). Le souverain. amateur de bonne chère, ne saurait négliger la convivialité apportée par les repas.
"Hier au soir, rapporte Potain en novembre, je montrais au roi le proiet d'une salle à manger plus large que celle actuelle ainsi qu'il m'en avait donné l'ordre la veille. Sa Maiesté en a été parfaitement contente". Le contenu frivole du décor de Louis XV incite dAngiviller à commander en 1787 quatre nouvelles compositions au peintre Hubert Robert (1733-1808) Le directeur général des Bâtiments, en accord avec le roi aui souhaite favoriser les suiets d'histoire nationale, choisit de faire représenter Les Antiquités du Languedoc et de la Provence. En novembre. les tableaux, qui ont été présentés au Salon précédent, sont mis en place à Fontainebleau par l'encadreur du roi Francois-Charles Buteux. Le 5, le roi se déplace spécialement pour venir admirer l'effet spectaculaire des œuvres dans sa salle à manger. Dans ce livre d'histoire francaise que constitue Fontainebleau, Les Antiquités du Languedoc d'Hubert Robert permettent d'évoquer le glorieux passé gallo-romain du pays.
GUILLAUME BENNEMAN (1750-1811), PIERRE-PHILIPPE THOMIRE (1751-1843), SOUS LA DIRECTION DE JEAN HAURÉ (VERS 1742-1816)
Bureau de la bibliothèque du roi
1787
Placage d'acajou, bronze doré, cuir
Musée du Louvre
Ce bureau remarquable est livré en 1787 pour la bibliothèque du roi. Dépourvu de facon originale de décor margueté, il accompagne dans la pièce une commode assortie.
JEAN-HENRI RIESENER (1734-1806) Commode du cabinet du roi
1778
Bois divers. bronze doré. marbre
Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Cette commode, l'une des plus belles iamais livrées par Riesener à la Couronne, est destinée a remplacer dans le cabinet du roi celle auiourd'hui conservée à Lisbonne. Des 1784. Louis XVI décide de l'envoyer à Versailles dans la bibliothèque de son appartement intérieur.
JEAN-BAPTISTE BOULARD (1731-1789) Paire de chaises du salon des Jeux
du roi
1786
Hêtre doré, lampas (moderne)
Musée du Louvre
En1786, le menuisier Boulard reçoit la commande des sièges du salon des Jeux du roi (actuelle bibliothèque de l'Empereur), qui comprend trente chaises et six voyeuses, ainsi qu'un écran. Le tapissier Capin les recouvre d'un lampas original à motifs de cyclopes (disparu).
MICHEL VOISIN ( 1729-1786) ET FRANÇOIS VOISIN (ACTIF SOUS LOUIS XVI) Paire de vases d'ornement Vers 1780 Ivoire et bronze doré
Ces deux vases remarquables sont parvenus au château de Fontainebleau en 1804 en même temps que le mobilier de l'hôtel parisien du général Moreau. Avant la Révolution, ils ont peut-être appartenu à Mesdames, tantes du roi, qui en possèdent une paire analogue à Bellevue
Les petits cabinets de la reine
Dans la fougue de sa jeunesse, la reine passe commande à l'été 1776 d'un cabinet turc, que les frères Jules-Hugues et Jean-Siméon Rousseau ornent de turbans, d'étoiles et de croissants. Dans ce décor enchanteur. un feu à dromadaires garnit la cheminée tandis que la lumière est apportée par un petit lustre < à la turque > pourvu de quatre figures féminines drapées jouant de la flûte. Un élégant tapis assorti est commandé à la manufacture de la Savonnerie sur le dessin de Michel- Bruno Bellengé.
En novembre 1785, Potain soumet à Marie-Antoinette le modèle de son cabinet de retraite (actuel boudoir de la reine). Il relate qu'elle se soucie de l'éclairage : < La reine a vu avant-hier le modèle de son cabinet. Il a paru lui faire plaisir. Cependant elle m'a chargé d'en faire un second d'un parti différent craignant que la grande quantité des glaces rendit le cabinet difficile à éclairer. A partir des dessins de Pierre Rousseau, Michel-Hubert Bourgois et Jacques-Louis Touzé en peignent le décor dans le style arabesque, qui fait alors fureur à Paris. L'ameublement du cabinet de retraite ne manque pas non plus d'originalité : secrétaire et table à ouvrage de nacre fournis par Jean-Henri Riesener, spectaculaires draperies blanches et bleues aux miroirs et aux fenêtres, sièges de Georges Jacob sculptés d'ornements sur le thème de l'amour.
ADOLF-ULRIK WERTMÜLLER (1751-1811)
Marie Antoinette, reine de France, en habit d'amazone
1788
Huile sur toile
Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Peintre suédois installé à Paris depuis 1772, Wertmüller peint plusieur fois
Marie- Antoinette. La reine porte ici un élégant costume de chasse.
PIERRE GOUTHIÈRE (1732 - 1813)
Feu aux dromadaires du cabinet turc de la reine
1777
Musée du Louvre
Les bronzes déclairage et de chauffage du cabinet turc de la reine sont confiés en 1777 au fameux bronzier Gouthière. Seuls subsistent la garniture de la cheminée et ce feu à dromadatres d'une grande fantaisie, initialement juché sur des pieds en pommes de pin.

Pendule au Cbar- deenus Vers 1780 émail
Bronze doré, marbre de Carrare blanc veiné, verre,
VERSAILLES, MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE VERSAILLES ET DE TRIANON
Marie-Antoinette possede à Fontainebleau une pendule de ce modèle : < Une pendule composée d'un socle de marbre blanc, orné d'un bas-relief, sur lequel est le char de Vénus conduit par deux colombes, un petit amour à côté du char présente une flèche à la déesse, le tout en bronze doré en or mat, du nom de Robin >.

MANUFACTURE ROYALE DE SÈVRES
LOUIS-FRANCOIS LÉCOT 1742- APRES 1802 Ecuelle couverte et son plateau
Porcelaine dure COLLECTION PARTICULIÈRE Entre 1774 et1776, Louis XVI et Marie-Antoinette se procurent auprès de la Manufacture de porcelaine des pièces à décor chinois très coûteuses, dont cette écuelle fait partie. Sa qualité exceptionnelle et son décor particulier permettent de la reconnaitre à Fontainebleau
Le grand cabinet de la reine
La décoration du grand cabinet de la reine ou salon des Jeux est renouvelée en 1786 sur les splendides esquisses de Pierre Rousseau. Pour ce faire, l'architecte fait appel aux artistes qu'il emploie déjà à l'hôtel de Salm à Paris (grande chancellerie de la Légion d'honneur), notamment au peintre d'ornements Michel-Hubert Bourgois et au sculpteur Philippe-Laurent Roland. Dans le contexte du néoclassicisme de l'époque, les Loges du Vatican de Raphaël, connues par les recueils gravés de Giovanni Volpato, mais que Rousseau a pu admirer lors de son séjour romain, servent de sources d'inspiration. Piat-Joseph Sauvage compose en outre d'élégants dessus-de-porte à sujets antiquisants. Loin d'être isolés, les gracieuses arabesques de Fontainebleau se retrouvent sur d'autres ensembles de même style, exécutés par les mêmes peintres ou par des imitateurs, comme l'ensemble du musée des Arts décoratifs de Paris. Dans ce grand cabinet, il faut imaginer Marie- Antoinette se livrant àa sa passion pour la musique. S'accompagnant à la harpe, elle interprète romances, ariettes et chants transposés pour harpe et chant, telles les romances de Hinner, les airs de La Rosière de Salency d'André-Ernest-Modeste Grétry, ou la chanson Il pleut bergère écrite en 1780 par Fabre d'Églantine avec une musique de Louis-Victor Simon. C'est aussi dans son grand cabinet qu'elle se livre aux jeux de cartes, parfois jusque tard dans la nuit.
La Grande Chambre de la Reine

PIERRE-JOSEPH LAPLACE (1732-1811), MICHEL-HUBERT BOURGOIS (1755-1791) ET JACQUES-LOUIS-FRANÇOIS TOUZÉ (1747-1806)
Porte du cabinet de retraite de la reine
1786
Bois peint et doré
CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU, FONDS D'ARCHITECTURE
Sur cette porte démontée du cabinet de retraite de la reine, on admire les rubans tournant sur un chapelet de perles sculptés par Laplace. Au centre, la bacchante dansant au son des castagnettes avec un petit satyre est due à Touzé, le peintre chargé des figures


MICHEL-HUBERT BOURGOIS attribué à
(1755-1791)
Trois panneaux décoratifs
1785-1790 Huile sur toile PARIS, MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS
Ces trois beaux panneaux font partie d'un ensemble de dix-huit couvrant l'entièreté d'une pièce. On peut supposer qu'ils ont été extraits d'un hôtel parisien, démantelés à la fin du XIXe siècle. Leur parenté avec le cabinet retraite de la reine à Fontainebleau permet d'en attribuer la paternite à Michel-Hubert Bourgois.
La famille royale dans ses appartements
Les autres membres de de la famille royale beneficient également de beaux appartements qui sont peu à peu redécorés et remeublés. La priorité est donnée aux frères du roi. Le comte de Provence, le frere cadet du roi, et son épouse sont installés dans le Gros Pavillon et l'ancien appartement des Reines-Mères (appartement dù Pape). L'appartement du princer est garni de boiserie en 1784, puis remeublé. Le comte et la comtesse d'Artois sont logés quant à eux dans les deux appartements des Chasse (rez-de chaussée et premier étage) sur la cour Ovale. Ceux-ci sont complétés dès 1773 de boiseries à arabesques, qui subsistent en grande partie, et leurs ameublements En 1783, Mesdames Adélaïde et Victoire, les tantes du roi doivent quitter les appartements qu'elles occupent sur le jardin de Diane, afin de créer des appartements pour les enfants de France, sous l'appartement de la reine. Celles-ci sont relogées, non sans luxe, au premier étage de l'aile Neuve (aile Louis XV). On n'hésite pas à remonter dans le grand cabinet de Madame Adélaïde les boiseries du salon de compagnie de Madame du Barry détruit des 1774. La sœur du roi, Madame Élisabeth, de son coté, occupe un appartement sous la galerie Francois Ier qui est refait en 1787, puis remeublé de beaux objets. Le mobilier de sa chambre, vendu sous la Révolution, revient à Fontainebleau dès 1804, apres avoir été racheté par le Garde-Meuble.

JEAN-BAPTISTE CLAUDE SENÉ ET PHILIPPE LAURENT Fauteuil de la chambre de Madame Élisabeth Bois sculpté CHATEAU DE FONTAINEBLEAU
le Garde-Meuble livre pour la chambre de Madame Élisabeth, la soeur du roi, deux fauteuils de représentation Celui qui est exposé est exécuté par le menuisier Sené et le sculpteur Laurent en copiant un exemplaire plus ancien (vers 1770) actuellement présenté dans l'appartement du Pape.
CLAUDE-JEAN PITCOIN (1757-AVANT 1806) Feu de mesdames à Fontainebleau
Livré par le bronzier Piton pour les cabinets de Mesdames, tantes du roi, à Fontainebleau dès août 1783, ce feu figure ensuite dans la chambre de Madame Victoire.

MICHEL-HUBERT BOURGOIS (1755-1791)
Grande esquisse pour le grand cabinet de la reine Huile sur bois DURHAM, BARNARD
CHÂTEAU, LE MUSÉE BOWES
Ce merveilleux panneau destiné au grand cabinet de la reine est exécuté à titre d'essai afin d'être présenté aux souverains. En 1786, pour la décoration de cette salle, l'architecte Rousseau fait appel à Michel-Hubert Bourgois, un jeune peintre d'ornements qu'il emploie à l'hôtel de Salm à Paris.
Une salle à manger sans équivalent
A la fin de 1785, les travaux des appartements du roi commencent par une spectaculaire salle à manger, qui remplace celle de Louis XV (au rez-de-chaussée, actuel cabinet topographique de l'Empereur réuni au salon des Oiseaux). Le souverain. amateur de bonne chère, ne saurait négliger la convivialité apportée par les repas. < Hier au soir rapporte Potain en novembre, je montrais au roi le proiet d'une salle à manger plus large que celle actuelle ainsi qu'il m'en avait donné l'ordre la veille. Sa Maiesté en a été parfaitement contente >. Le contenu frivole du décor de Louis XV incite d'Angiviller à commander en 1787 quatre nouvelles compositions au peintre Hubert Robert (1733-1808 Le directeur général des Bâtiments, en accord avec le roi qui souhaite favoriser les suiets d'histoire nationale, choisit de faire représenter Les Antiquités du Languedoc et de la Provence. En novembre. les tableaux, qui ont été présentés au Salon précédent, sont mis en place a Fontainebleau par l'encadreur du roi Francois-Charles Buteux. Le 5, le roi se déplace spécialement pour venir admirer l'effet spectaculaire des œuvres dans sa salle à manger. Dans ce livre d'histoire francaise que constitue Fontainebleau, Les Antiquités du Languedoc d'Hubert Robert permettent dévoquer le glorieux passé gallo-romain du pays.

HUBERT ROBERT (1733-1808) L' interieur du temple de Diane à Nimes Huile sur toile PARIS, MUSÉE DU LOUVRE, DÉPARTEMENT DES PEINTURES
La présentation lors du Salon de 1787 des < quatre Tableaux représentant les principaux monuments de la France >, pour reprendre la désignation du livret de l'exposition, marque un point d'acmé dans la carrière d'Hubert Robert. Pour répondre à cette commande majeure destinée a Fontainebleau, le peintre produit cet opus nagnum, qui constitue un véritable condensé de son art. Afin de preparer son travail, précédé d'autres versions moins ambitieuses. l'artiste s'est rendu en Provence à plusieurs reprises, notamment en 1783.
La disposition d'origine des tableaux dans la salle à manger du roi n'est pas certaine. Dans l'exposition, les œuvres sont présentées en suivant l'accrochage du Salon de 1787, connu par une gravure. On peut ainsi penser que les quatre toiles étaient réparties selon les parties du iour, soit à l'est, face au soleil couchant, Le Pont du Gard et La Maison Carrée, les Arènes & La Tour-Magne de Nimes, ces deux peintures partageant un même ciel de crépuscule et, à l'ouest, L`intérieur du Temple de Diane à Nîmes et L'Arc de Triomphe & lAmphithéâtre de la Ville d'Orange, présentant quant à elles une lumière cristalline qui évoque le matin.

HUBERT ROBERT (1733-1805)
La maison carrée, les arènes et la tour Magne de Nimes
Huile sur toile PARIS MUSÉE DU LOUVRE, DÉPARTEMENT DES PEINTURES

HUBERT ROBERT ( 1733-1808) Le Pont du Gard qui servait autrefois d'aqueduc pour porter les eaux à Nimes Huile sur toile PARIS, MUSÉE DULOUVRE, DÉPARTEMENT DES PEINTURES

HUBERT ROBERT (1733-1808)
L'arc de Triompbe et l'Amphitheâtre de la ville d'Orange
Huile sur toile
PaRIS, MUSÉE DU LOUVRE, DÉPARTENENT DES PEINTURES

JEAN-FRANÇOIS-ANTOINE BOULANGER ATTRIBUÉES À
Paire de torchères
Vers 1775 Bois sculpté et doré CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU
Ces deux remarquables torchères font partie d'un ensemble de huit acheté par le Garde- Meuble en 1786 à la vente du duc de Choiseul. A Fontainebleau, quatre d'entre elles sont placées dans la grande salle à manger du roi au rez-de-chaussée. Elles étaient surmontées à l'origine de girandoles de cristal.
Spectacle.s et musique à la Cour
À Fontainebleau. Marie-Antoinette trouve un terrain favorable pour assouvir sa passion pour la musique, le théâtre et la danse. Pratiquant elle-même la musique en amatrice éclairée, elle est une véritable reine artiste et mélomane. Le théâtre de Cour de Fontainebleau constitue pour elle un lieu privilégié d'expérience artistique ou Louis XVI la laisse libre d'intervenir dans la programmation. Des 1774, la reine fait de Grétry son directeur musical personnel, qui reste dans la durée l'un de ses compositeurs préférés. L'apogée de cette réussite se situe en 1786 avec sept oeuvres jouées dont trois premières : L'Amitié à l'épreuve, Les Méprises par ressemblance et Le Comte d'Albert, le dernier spectacle representé sur le théâtre de Cour. Au total, le compositeur crée de 1770 à 1786 neuf œuvres à Fontainebleau, la plupart étant des succès. L'autre compositeur favori de la reine est l'Allemand Christoph-Willibald Gluck, qui est présent à Fontainebleau en octobre 1777 pour la représentation de son opéra Iphigénie en Aulide. Les opéras de Gluck, par leur intensité dramatique et la forte présence des choeurs, déchainent les passions. Le bâtiment du théâtre lui-même (installé dans l'aile de la Belle cheminée) est l'objet de toutes les attentions des souverains, qui espèrent sa reconstruction, plusieurs projets leur étant présentés. La reine organise en outre quelques bals, qui se tiennent dans le jardin de l'Orangerie, où sont montées des maisons de bois apportées de Versailles.

ÉLISABETH-LOUISE VIGÉE LE BRUN
André Ernest Modeste Gêtry
Huile sur toile
VERSAILLES, MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE VERSAILLES ET DE TRIANON.
Grétry est le compositeur le plus joué à Fontainebleau de 1770 à 1786 avec vingt-sept représentations. Marie-Antoinette, devenue reine, fait de Grétry son directeur musical et lui apporte un soutien indefectible.Au total, le compositeur liégeois a crée neuf oeuvres à Fontainebleau.

JOSEPH-SIFFREDI DUPLESSIS (1725-1802) ATTRIBUÉ À
Cbristoph Willibald von Glück
Huile sur toile
VERSAILLES, MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE VERSAILLES ET DE TRIANON,
Christoph Willibald Ritter von Glück (1714 -1787) est un compositeur allemand qui apprend le piano et le violon très jeune et écrit en 1741 son premier opéra.
Il est maitre de musique de Marie Antoinette enfant. Sa venue à Paris en 1773, à l'instigation de la dauphine, apporte un nouveau modèle musical dans l'opéra français en introduisant davantage de vérité dramatique.
Lors des séjours au château de Fontainebleau, la musique occupe une place très importante dans la vie de la Cour. Concerts, spectacles et représentations lyriques sont organisés à cette occasion. La reine Marie-Antoinette tient un rôle central dans le choix des spectacles qui sont proposés. Lors du séjour de 1777 près de trente spectacles sont programmés, 2 par jour sur un total de 15 soirées !

Paire de vases en porcelaine de Cbine montés en bronze dore Début du XVIll siècle et vers 1770-1780 (monture) Porcelaine dure. bronze doré
PARIS, MUSÉE DU LOUVRE DÉPARTEMENT DES OBJETS D'ART, OA 5267
Ces deux vases remarquables proviennent des collections de Marie-Antoinette, réunies à Versailles dans son cabinet intérieur. En 1860, ils sont envoyés à Fontainebleau à la demande de limpératrice Eugénie pour orner l'ancien boudoir de lareine.

JACOB FRÈRES
(ACTIFS ENTRE 1796 ET 1803)
Bergère
Acajou, lampas de soie et filé or
Château de Fontainebleau
En 1804,est envoyà Fontainebleau un mobilier de salon exécuté par les frères Jacob pour le consul Lebrun au château de Saint-Cloud. Il est recouvert de la soierie fond bleu brochée or provenant de la chambre de Marie-Antoinette à Fontainebleau

ANONYME
L'Obélisque de Fontainebleau
Encre noire, lavis, aquarelle
PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE
En 1785, un obélisque dédié à Marie-Antoinette et à ses enfants est érigé à l'entrée de Fontainebleau sur l'emplacement du carrefour élargi de la croix Saint-Jacques devenu une vaste place plantée de rangées d'ormes. Son financement provient d'un religuat du budget des Eaux et Forêts et non, comme le veut une légende, d'un don des habitants.

LOUIS-AUGUSTE BRUN DE VERSOIX
MarieAntoinette, reine de France, chassant a courre
Vers 1783 Huile sur toile
VERSAILLES, MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE VERSAILLES ET DE TRIANON
Peintre d'origine vaudoise, Brun travaille à titre privé pour Marie-Antoinette à partir de 1783. La reine, vêtue d'une robe-redingote bleue, monte ici en amazone. Un page enturbanné tient à disposition de la souveraine une cape et une ombrelle.

JEAN-FRANÇOIS HUE (1751-1823)
Vue prise dans la forèt de Fontainebleau
Huile sur toile
CHÂTEAU DE FONTAINEBLEAU (DÉPÔT DU MUSÉE DU LOUVRE)
En 1782, le peintre Hue présente comme morceau de réception une < Entrée de forêt >, décrite par le livret du Salon de 1783 comme < Une vue de la foret prise à Fontainebleau >. On distingue vraisemblablement, dans le paysage àl'horizon, Notre-Dame de Melun et le château voisin de Vaux-le-Pénil.
La Revolution et le mythe de la reine
Pendant la période révolutionnaire, alors que l'orangerie du chateau est brulé accidentellement en janvier 1789, Antoine-Francois Peyre devient l'architecte de Fontainebleau. Durant cette période, les principaux trésors artistiques du château sont transportés à Paris au profit de Museum central des arts et du gouvernement. tandis que d'autres sont aliénés. Dans ce contexte, la Commission temporaire des arts rédige en juin 1794 un inventaire des oeuvres devant étre conservées au profit de la Nation. Parcourant le chateau de fond en comble, la commission retient notamment une partie du mobilier de l'appartement de Louis XVI, les quatre tableaux d'Hubert Robert, le secrétaire à cylindre et la table à ouvrage en nacre de Jean-Henri Riesener du cabinet de retraite de la reine, ce qui n'empéche pas que ces deux oeuvres soient remises deux ans plus tard à l'Allemand Van Recum en paiement de fournitures aux armées de la République. Quant au reste du mobilier roval. il est envové à Paris en ianvier 1796 pour meubler le Directoire exécutif installé au palais du Luxembourg, Sous le Second Empire, l'impératrice Eugénie se découvrant une passion pour la reine Marie-Antoinette, fait regrouper dans son appartement les objets d'époque Louis XVI les plus remarquables du palais susceptibles de provenir de la reine, complétés par d 'autres œuvres venues de Paris ou extraites des autres palais impériaux.

TRUDON Senteur Altair
Un parfum parcoure l'exposition, création d'Émilie Bouge (Robertet) pour la maison Trudon. Composé d'oud et de pivoine, Altaïr évoque l'Orient. Il fait écho au boudoir Turc et à la fascination de Marie-Antoinette pour les pays lointains. Claude Trudon fonde un commerce d'épices et de bougies à Paris en 1643. Au XVIIIe siècle. son entreprise devient l'unique manufacture royale de bougies et poursuit aujourd'hui son activité.

Costumes dans l'exposition permanente

DAVID - LAUREAT Ulysse chez Alcinious, roi des Phéaciens, Louis Messidor Lebon PETITOT, 1819, Marbre. Cour de la Fontaine
Château de Fontainebleau
LES ATELIERS PHOTOGRAPHIQUES MAURICE GUERIN
< L'œil dans le viseur >
Stagiaires de 2de du Service pédagogique du château de Fontainebleau
15- 16 ans
En 2025, le château de Fontainebleau met en place un cycle d'ateliers de pratique photographique consacré à la sensibilisation à la biodiversité du domaine dans le cadre d'un dispositif de jumelage culturel avec la ville d'Avon destiné aux publics du champ social.
En 2026, grâce au soutien généreux de Madame Christiane Guérin, mécène des ateliers photographiques Maurice Guérin, le projet initial évolue pour devenir un véritable programme de découverte du patrimoine du château de Fontainebleau, et élargi son périmètre d'action aux publics scolaires
Ce nouveau programme, rend hommage à son mari et à son profond attachement pour le château ainsi qu'à sa passion pour la photographie
Pour cette première édition, la sculpture a été choisie comme fil conducteur. Les participants sont invités à observer les œuvres sculptées, à en explorer les formes, Ies détails, les matières les jeux de lumière et les perspectives, et à révéler, par la photographie, leur propre regard sur ce patrimoine.
Deux groupes du centre de loisirs La Vallée à Avon, la 5ème B du collège Lucien Cézard, ainsi que des stagiaires de seconde accueillis sein du château ont participé à cette première édition
Cette édition se prolonge par la création du Prix Maurice Guérin, qui récompense les trois meilleures photographies réalisées par les participants et sélectionnées par un jury
Un Prix < Coup de cœur du jury > est également décerné, afin de distinguer une photographie particulièrement appréciée par les membres du jury pour son originalité, sa sensibilité ou la singularité du regard qu'elle porte sur le patrimoine.
Une sélection de seize photographies réalisées par les participants au cours des ateliers est présentées dans cette exposition à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine.
Ce projet a été coordonné par les services culturel et pédagogique du château en collaboration avec Emilie Brouchon, photographe professionnelle bellifontaine, intervenant dans le cadre des ateliers et Céline Bergier, chargée d'assurer la médiation et I'accompagnement des groupes.




















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